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Au Luxembourg, des avancées !

octobre 2017, par Claudine Legardinier

Mi abolitionniste mi réglementariste, donc mi chèvre mi chou, le Luxembourg évolue. Aides à la sortie de prostitution, sanctions pour le client, renforcement de la lutte contre le proxénétisme… La couleur abolitionniste se renforce mais le pays n’ose pas tirer toutes les conséquences de ses réflexions.

En cinq ans de débats, les idées ont fait du chemin. Le projet de loi luxembourgeois sur la prostitution et le proxénétisme, débattu le 17 octobre 2017, affiche une coloration abolitionniste : mieux accompagner les prostituées qui « auront le courage » de vouloir s’en sortir, selon les mots de la ministre de la santé Lydia Mutsch, responsabiliser les clients en créant une sanction, permettre à la police d’accéder à tout lieu susceptible d’abriter des faits de prostitution. Des mesures que le Conseil d’Etat doit encore trancher.

Il reste que le texte s’arrête au milieu du gué. Le client ne risquera une sanction que s’il contacte « une prostituée victime d’un trafic d’êtres humains ou particulièrement vulnérable ». Un coup d’épée dans l’eau : les hommes interpellés pourront toujours prétendre qu’ils « ne savaient pas », ce qui suffit en général à convaincre les tribunaux.

Un long chemin vers l’abolitionnisme

Mais l’esprit général de la loi, la volonté de mettre en place une éducation à l’égalité, sont bien le signe qu’un vrai changement est en route. Lorsqu’elle était ministre de l’égalité des chances, Lydia Mutsch, qui porte le projet, s’était déjà prononcée pour « le respect réciproque dans une relation qui passe par l’intégrité physique et émotionnelle d’une personne et aussi la coresponsabilité sexuelle (1) », tout ce que bafoue l’existence même de la prostitution.

Le chemin est long vers l’abolitionnisme, la France est bien placée pour le savoir. Mais il est le seul choix pertinent. Car la vulnérabilité, les violences et la traite sont constitutives du parcours prostitutionnel. Le Luxembourg finira par l’admettre, comme bien d’autres pays.

P.-S.

(1)Luxemburger Wort, 6 février 2017.


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