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Proxos du taekwondo : jusqu’à 7 ans ferme

juin 2015, par Claudine Legardinier

La Cour d’Assises de l’Isère a condamné le 5 juin 2015 plusieurs hommes pour proxénétisme sur mineurs, une affaire qui a connu un retentissement médiatique lié à l’identité des coupables, athlètes de haut niveau. Quant aux "clients" des victimes (des enfants repérées dans les parages d’un foyer éducatif), ils sont passés à travers les mailles du filet...

Être proxénète de mineures se paie cher en France. Dernière preuve en date à la Cour d’Assises de l’Isère le 5 juin 2015, la condamnation à 7 ans de prison ferme d’Amine Manai, 25 ans, ancien champion de France et champion d’Europe de taekwondo. Son frère, Adam Manai, lui aussi taekwondoïste de haut niveau, a été condamné à deux ans de prison avec sursis. Moussa Cissé, vice-champion d’Europe, a écopé de six mois avec sursis. Les autres peines vont de un an ferme à six ans fermes. Deux des dix accusés ont été acquittés ainsi que la jeune fille prostituée soupçonnée d’avoir favorisé le recrutement d’autres victimes.

Sans doute fatigués de se donner du mal sur les tatamis, les prévenus étaient poursuivis pour avoir contraint à la prostitution des mineures en rupture familiale. Partisans du moindre effort, ils avaient jeté leur dévolu sur des jeunes filles hébergées dans un foyer éducatif de Saint-Egrève, près de Grenoble, qu’ils envoyaient dans des hôtels du sud-est de la France pour « satisfaire » une clientèle appâtée sur Internet.

Aux côtés d’Amine Manai, un autre proxénète en chef, Sofiane Cherifi, 24 ans, déjà condamné pour des faits similaires, officiait tranquillement depuis sa prison. Un aréopage de complices surveillait les jeunes filles et ramassait la comptée. Les proxénètes sont donc sous les verrous. On ne peut pas en dire autant des « clients » que la jeunesse des "prostituées" n’a de toute évidence pas arrêtés dans leur élan. Se souviennent-ils que la loi française les rend passibles, depuis 2002, de trois ans de prison et 45.000 € d’amende ? Sans doute pas. Il est vrai qu’une loi, pour être connue, se devrait d’être appliquée. Ce n’est pas le cas de celle-ci.

P.-S.

Cet article est paru dans le numéro 185 de notre revue, Prostitution et Société. Pour nous soutenir et nous permettre de continuer à paraître, abonnez-vous !


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