dernière mise à jour ¬ 07/12/17 | jeudi 7 décembre 2017 | je m'abonne | sommaires

Premiers pas abolitionnistes en Colombie

octobre 2017, par Sandrine Goldschmidt

Pendant l’été, la députée Clara Rojas a déposé une proposition de loi abolitionniste, sur le modèle suédois, au parlement colombien. Malgré les critiques faites par de nombreux adversaires à cette proposition, c’est un premier pas important pour que soit entendue la voix des survivantes de la prostitution.

Difficile pour nous d’imaginer le défi d’être abolitionniste de la prostitution en Colombie, où les militantes et militants des droits humains et les survivantes de la prostitution mettent leur vie en péril dès qu’elles et ils se prononcent publiquement, où dès qu’elles passent une audition au Sénat.
En Colombie, la prostitution est peu régie par la loi, si ce n’est par le "police civil code law", code de la police, qui règlemente ce qui se passe dans l’espace public et laisse fonctionner les bordels. Il faut dire que ceux-ci seraient très largement tenus par des membres des forces de l’ordre eux-mêmes, dans un pays où la corruption est omniprésente.

Malgré ces obstacles, s’est constituée depuis quelques années Iniciativa Pro Equidad de Género, Initiative pour l’égalité des sexes, qui réunit des survivantes de la prostitution, des activistes et des organisations visant à mettre fin à l’exploitation sexuelle des êtres humains en Colombie et Amérique latine. Une association membre de la coalition CAP International, qui fait un intense plaidoyer auprès des organisations internationales comme l’ONU, et au sein du Parlement colombien. Par ailleurs, elle est financée par l’Union européenne pour aider des femmes à la sortie de la prostitution. Le témoignage d’une survivante de cette organisation, expliquant qu’elle n’aimait pas la prostitution et que ce n’était pas un choix, a commencé à sensibiliser l’opinion.

C’est lors d’une de ces auditions que la députée colombienne Clara Rojas s’est emparée du sujet, et a décidé d’écrire cette loi, inspirée du modèle suédois et de mettre en avant la nécessité de pénaliser la demande de prostitution. Un texte qui doit être prochainement examiné une première fois au parlement -sans chance de succès, mais l’objectif est ensuite de l’améliorer et le re-présenter à plusieurs reprises dans le cadre d’un processus législatif complexe.

Si l’abolitionnisme n’en est qu’à ses débuts en Colombie, c’est déjà un premier pas assez inespéré, en partie grâce à notre association partenaire, soutenue par CAP-International.


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