dernière mise à jour ¬ 10/10/19 | jeudi 10 octobre 2019 | je m'abonne | sommaires

Proxénétisme, violences et barbarie, une trilogie perpétuelle

octobre 2019, par Claudine Legardinier

Pourquoi, lorsqu’on parle de prostitution, la réalité des faits est elle si facilement balayée ?
A coté des discours lisses sur la « liberté » de se prostituer et des images sur grand écran de filles tellement bien dans leur peau, il n’y a pourtant pas de jour où la presse ne déverse son flot d’affaires de proxénétisme et de traite des êtres humains.

Pour qui prend la peine de s’y intéresser, le réel renvoie en permanence une image très peu photogénique. Un énième réseau roumain vient ainsi d’être démantelé [1] avec son cortège de joyeusetés : coups, brimades, insultes.

Les annonces étaient postées sur Internet, anodines et donc déculpabilisantes pour n’importe quel « acheteur » ayant à choisir entre une femme, un scooter ou un canapé. Derrière, invisibles, se cachaient des individus aujourd’hui arrêtés pour traite des êtres humains en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment (entre autres).

En l’espace d’un seul mois, rien qu’en France, des affaires multiples décrivent des jeunes filles et femmes frappées, violées, attachées, brûlées, mutilées, tabassées. Barbarie, sadisme, ultra violence, les mêmes mots reviennent comme une rengaine.


Et on oserait encore invoquer des exceptions ? Non, il s’agit là du fondement même du système, de son socle éternel. Violence, contrainte, tromperie… La prostitution est le lieu majeur de violence contre les femmes, la violence en est à la fois le pivot et le fournisseur. Tout le reste n’est que littérature.

Que des lobbys tentent par tous les moyens d’imposer leur propagande, à coup de discours sur le plaisir et la liberté, on peut le comprendre ; il y a tellement de profits à faire. Mais qu’une grande partie de l’opinion, des médias, des artistes, des intellectuel.le.s, puissent adhérer à ce discours sirupeux n’est plus tolérable.

Mettons les au défi de suivre durant un an les affaires de proxénétisme et de traite au lieu de se gaver de romans ou de films à l’eau de rose prostitutionnelle. Bref, misons sur une bonne cure de réalité, lavée des fioritures. Et espérons qu’elle finisse enfin par faire son chemin…


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