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La nausée (ou l’enfer, c’est les hôtes)

décembre 2006, par Patrick Théret

Prévenue par un agent hospitalier, la police a récemment arrêté une jeune Congolaise à la sortie des urgences de l’hôpital de Nantes.

Sans papiers, cette dernière et son enfant de six ans ont été expulsés vers les Pays-Bas où elle avait à l’origine déposé une demande d’asile. Mais c’est pour échapper à un réseau de prostitution dans ce pays que la jeune femme et son fils avaient dû se réfugier en France.

La police française, ne voulant pas faire les cent pas devant l’hôpital où elle avait été admise à la suite de malaises, avait demandé que l’établissement hospitalier la prévienne dès sa sortie. Ce qui fut fait...

Et c’est ainsi qu’en France, pays où un certain ministre de l’Intérieur avait péroré sur la protection des femmes victimes de trafics et sur son intention de poursuivre sans relâche les trafiquants, on livre sans états d’âme ces proies faciles aux proxénètes.

Dans le pays des droits de l’Homme, mais sûrement pas celui des droits de la femme, c’est grâce à un hôpital et à la célérité des institutions françaises, que les exploitants de chair humaine peuvent continuer sans vergogne leur activité lucrative.

Une fois de plus, la preuve est faite que l’État français fait bien peu de cas du sort
des victimes du proxénétisme !

P.-S.

Publié dans Prostitution et Société, Numéro 154 / juillet - septembre 2006.


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