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Gagner sa vie à la sueur de son corps.

Léon Hennique

juillet 2018, par Christine Laouénan

La prostitution constitue et a toujours constitué un thème privilégié de la littérature.
Aussi, nous a-t-il paru important de mettre en lumière la façon dont elle est dépeinte par les romanciers.
Dans cette rubrique, les citations littéraires sont mises en parallèle avec les témoignages actuels des personnes prostituées, comme des clients.
Une mise en perspective riche d’enseignements…

Gagner sa vie à la sueur de son corps.

 Comme elle (NDLR : Madame Olympe) était à bout d’affection, avait eu des collages suspects, n’avait pas souvent mangé à sa faim, elle s’ancra en l’idée que l’amour pour l’amour ne signifie rien, qu’il faut être pratique – et elle se décida de gagner sa vie à la sueur de son corps.

Léon Hennique, "Madame Olympe", in L’affaire du grand 7, Benjamin Rozes, Poeuf et autres nouvelles, Tusson, éditions du Lérot, 2003, p. 123.
Cité dans "La figure de la prostituée, de Flaubert aux « petits naturalistes ».
Échanges et transactions mercantiles et littéraires", Élise Guignon, Revue Flaubert, n° 16, 2018, dirigé par Éléonore Reverzy
.

Si on avait de l’argent, on n’irait pas se prostituer.

Rosen, Prostitution et société, n° 176.

Cet argent me faisait rêver.

Cet argent pouvait me permettre de payer une école de cinéma (dans les 10 000 euros) afin de reprendre mes études que j’étais en train de rater complètement, de voyager pour la première fois, de payer les 4000 euros de dette de mon amie qui la rendait si malheureuse, d’avoir un appartement plus grand que 9m². Cet argent me faisait rêver.

Anne, Prostitution et société, n° 172.

Cet argent, il était sale.

C’était horrible : leur regard méprisant quand ils donnaient l’argent, leur air satisfait…Cet argent, il était sale. Je ne pouvais pas le garder. Je le claquais aussitôt.

Marc, Prostitution et société, n°182.

Je n’avais pas réellement conscience de mon corps.

On veut de l’argent pour payer le loyer et poursuivre ses études…
Pour moi, c’était un moyen comme un autre pour avoir de l’argent. Je n’avais pas réellement conscience de mon corps.

T., Prostitution et Société, n° 159..

Quand notre corps ne nous appartient plus, à quoi bon.

Au début, je me faisais payer très cher, puis de moins en moins comme si je ne valais rien. Quand notre corps ne nous appartient plus, à quoi bon. De toute façon, l’argent, je le claquais aussitôt.

Ariane, Prostitution et société, n° 185.


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