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Tout le monde comprenait mais ce n’était pas dit

juin 2015, par Christine Laouénan

La prostitution constitue et a toujours constitué un thème privilégié de la littérature.
Aussi, nous a-t-il paru important de mettre en lumière la façon dont elle est dépeinte par les romanciers.
Dans cette rubrique, les citations littéraires sont mises en parallèle avec les témoignages actuels des personnes prostituées, comme des clients.
Une mise en perspective riche d’enseignements…

Qui n’entend ce que ces annonces déguisent sous leur publicité !


Amour vénal, Francis Carco, Albin Michel, 1927, p 238.

Tout le succès du commerce vénal en maison vient de sa dissimulation et du soin qu’il a pris de se loger dans des quartiers où d’habitude des gens mal informés ne le soupçonnent point. Par là, que de motifs il a de conserver sa clientèle et même, de l’augmenter ! Ici, c’est une masseuse prétendue diplômée ; plus loin, une spécialiste de soins de l’hygiène masculine ; ailleurs une procureuse de meilleures relations… Qui n’entend ce que ces annonces déguisent sous leur publicité ! Il faudrait être bien innocent !

Né à Nouméa, en 1886, sur l’île du bagne et élevé par un père tyrannique et violent, Francis Carco s’est installé à Paris à 23 ans où il a fréquenté Apollinaire, Max Jacob, Colette. Partageant son temps entre Montmartre et le Quartier latin, Carco a consacré une grosse partie de ses écrits aux minorités. Il est l’inventeur de l’expression le milieu qui désigne le crime organisé en France. Dans L’amour vénal, cet écrivain reporter décrit le milieu de la prostitution qu’il connaît bien puisqu’il en fut un "client" régulier.

Vanessa, 22 ans, vous propose massage et relaxation

Témoignage d’Anaïs, Prostitution et société numéro 141.

J’ai décidé de passer des annonces dans le journal (…)
J’ai mis "Vanessa, 22 ans, vous propose massage et relaxation" (…).
Je vais dans des hôtels qui ferment à 11h du matin et rouvrent à 17h.
Ce sont des heures où il n’y a personne à la réception. Donc, ce n’est pas considéré comme du proxénétisme (…) Pour la famille, j’étais censée être femme de ménage.

Tout le monde comprenait de quoi il s’agissait mais ce n’était pas dit.

Témoignage de Julie, Prostitution et société numéro 175.

Sur Vivastreet, avant, c’était gratuit. On pouvait passer une annonce de massage du moment qu’il n’y avait pas de tarif. Tout le monde comprenait de quoi il s’agissait mais ce n’était pas dit. Puis ces annonces sont passées à 9,90 €. Les autres sont restées gratuites. Trois mois plus tard, c’était 19,90 €. Et aujourd’hui 29,90 €. Autrement dit, c’est devenu une affaire qui marche…


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