dernière mise à jour ¬ 11/12/18 | mardi 11 décembre 2018 | je m'abonne | sommaires

Sands of Silence : waves of courage

Chehlo Alvarez-Stehle

avril 2018, par Christine Laouénan

Le 19 mars dernier, a été projeté à Paris le film « Sands of silence : waves of courage » ("sables du silence : vagues de courage"), suivi d’une rencontre avec sa réalisatrice, Chelo Alvarez-Stehle.
Un documentaire sur le silence qui entoure les violences sexuelles : du trafic des êtres humains aux viols subis au sein des familles.

« Lorsque je préparais mon film, les femmes survivantes que j’ai rencontrées se battaient avec une telle énergie contre la traite des êtres humains que j’ai été poussée, à mon tour, à dévoiler ma propre vérité », raconte Chelo Alvarez-Stehle.

Dans ce documentaire qu’elle a mis 15 ans à réaliser, la cinéaste et journaliste espagnole brise le silence autour du trafic sexuel à l’échelle mondiale, mais également autour des abus subis dans sa propre famille. Un silence qui ne profite qu’aux prédateurs et aux trafiquants.

Enlevée en pleine journée avec son bébé, Virginia, une Américaine d’origine mexicaine, a été transférée par des trafiquants dans la jungle mexicaine où elle a subi de l’esclavage sexuel, en même temps que d’autres jeunes mères captives.
Après plusieurs tentatives d’évasion, Virginia et son bébé ont subi d’atroces séances de torture. Depuis qu’elle a réussi à échapper à ses geôliers, Virginia vit avec sa fille aux Etats-Unis. Elle y a reçu de nombreuses distinctions pour avoir créé une association de survivantes du trafic humain dans la communauté latino-américaine en Californie.

Anu, une jeune népalaise, s’est également engagée dans un mouvement de survivantes. Kidnappée dans son hameau et vendue dans un bordel à des milliers de kilomètres en Inde, elle a été détenue comme esclave sexuelle pendant près de deux ans. Sauvée, moyennant une importante somme d’argent, Anu a été la première survivante au Népal à dénoncer ses trafiquants devant les tribunaux. A ce titre, elle a reçu un prix décerné par Hillary Clinton en 2011. « Ce jour-là, j’ai compris pourquoi le châle que j’avais utilisé pour essayer de me pendre dans le bordel s’est cassé. J’avais besoin de vivre ce moment ", raconte la jeune femme.

Du trafic international au secret de famille

A la suite de ces différentes rencontres qui l’ont conduite de l’Amérique à l’Asie, Chelo Alvarez-Stehle s’est posée sur la plage de son enfance, au pays basque, où a été enfoui un secret de famille.

Pour l’exhumer, la cinéaste a alors entamé un autre parcours, plus intimiste en encourageant sa sœur, Mariàn, à s’exprimer devant sa caméra ; sa cadette qui a si longtemps résisté, en banalisant l’abus sexuel dont elle a été victime lorsqu’elle était enfant.
Parallèlement Chelo Alvarez-Stehle a brisé ses propres résistances en dénonçant le harcèlement sexuel et psychologique qu’elle a elle même subi.
Ce travail de reportage aura donc eu de grandes vertus thérapeutiques…

Toutes les survivantes de violences sexuelles sont engagées dans un même combat : rompre le silence pour mieux sensibiliser la communauté internationale, mais également les familles.


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