dernière mise à jour ¬ 17/11/17 | vendredi 17 novembre 2017 | je m'abonne | sommaires

Kollontaï : la révolution, le féminisme, l’amour et la liberté

Textes choisis et présentés par Patricia Latour, Le Temps des Cerises

juillet 2017, par Sandrine Goldschmidt

« Méprisée par tous, pourchassée par tous, mais secrètement encouragée, la prostitution, sous ses fleurs somptueuses mais empoisonnées, étouffe tout ce qui reste des vertus familiales. Recouvrant la société d’une sorte de limon pourri, elle empoisonne de son haleine fétide les pures joies de l’union amoureuse des sexes  ».
La journaliste Patricia Latour a eu la bonne idée de faire rééditer des textes de la diplomate et penseuse communiste et féministe Alexandra Kollontaï.

Celle qui fut ambassadrice de l’URSS sous Staline a eu une pensée extrèmement intéressante et complète sur l’émancipation des femmes et des questions aussi taboues à l’époque que la libération sexuelle et l’égalité au sein du couple. Elle aborde -avec les mots et la théorie marxiste de l’époque, des thèmes qui sont toujours brûlants d’actualité, comme la prostitution et l’égalité dans les relations affectives et sexuelles.
Dans son texte « sur la prostitution  », elle dénonce le stigmate qui porte sur les femmes en situation de prostitution et la société capitaliste qui ne s’en prend qu’aux prostituées des classes pauvres.
Comme pour l’égalité des sexes, elle lie donc l’émancipation de la prostitution à la lutte des classes et à la fin de la société bourgeoise, qui profite de la prostitution. Une position qu’il serait intéressant d’analyser plus avant tant on se dit que les abolitionnistes comme les réglementaristes pourraient se l’approprier.

"L’amour camaraderie"

Plus audacieuse et moins connue, dans « l’amour-camaraderie  », elle évoque les relations au sein du couple en régime communiste. Elle les replace d’abord dans un contexte historique, de l’amour contrat à l’amour bourgeois en passant par l’amour courtois, puis dessine ce que pourrait être un amour défait du capitalisme, mais aussi des effets de la domination masculine. Et c’est là qu’elle est résolument moderne  : cet amour-camaraderie, pour Kollontaï, doit renoncer à toute notion de possession, pour devenir un dialogue égalitaire et respectueux, qui prône l’égalité et doit éviter à tout prix la domination. Ce qui n’est pas sans rappeler les préceptes actuels d’une éducation à la sexualité libre, égalitaire et respectueuse.


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