dernière mise à jour ¬ 24/03/17 | vendredi 24 mars 2017 | je m'abonne | sommaires

Martine et Louise Fokkens

Les demoiselles d’Amsterdam

Fleuve Noir docs, 2013

avril 2013, par Muriel Lhermé

Cette succession de saynètes forme un livre roublard et paresseux, à la gloire de la prostitution "d’antan".

"Les demoiselles d’Amsterdam , jumelles et prostituées", voilà un livre qui devrait réjouir les zélateurs de la prostitution à l’ancienne et qui, aux Pays-Bas, a connu un beau succès d’édition puisqu’il en est à sa dixième réimpression !

Louise et Martine Fokkens, les jumelles du titre, racontent à deux voix leur vie de prostituées « traditionnelles » dans le Quartier Rouge d’Amsterdam, depuis les années soixante jusqu’à aujourd’hui, pour ce qui est de Martine.

Constitué de saynètes aux titres accrocheurs : le maso en cuir, l’esclave d’un jour, on joue au docteur… , le livre se déroule au rythme paresseux et répétitif de souvenirs de passes et de clients plus ou moins « pittoresques ». Mais, un motif revient, l’opposition entre « le bon vieux temps » où la prostitution était « familiale », où les clients étaient de « bons copains » et le présent, où elle a le visage déshumanisé de la mondialisation.

L’humour, revendiqué comme bon enfant, ne parvient cependant pas à dissimuler complètement la réalité d’une vie de violences : celle de maris-maquereaux et de clients frappadingues, comme de frustrations affectives et sociales.

Le livre refermé, subsiste une impression étrange : celle d’avoir visionné un film « réaliste » des années 60, où tous les clichés sur la prostitution sont érigés en vérités et servis avec une bonne dose de roublardise… celles des sœurs ou des éditeurs qui ont flairé le bon filon ?


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