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Sur le terrain

Loire-Atlantique : une nouvelle façon d’accompagner les personnes prostituées

avril 2020, par Claudine Legardinier

Pendant la durée du confinement, nous créons cette rubrique "COVID19 sur le terrain". Deux à trois fois par semaine, nous vous racontons comment les membres du Mouvement du Nid, éditeur de ce site, continuent à maintenir le lien et à apporter de l’aide aux personnes en situation de prostitution. Aujourd’hui, la délégation de Loire-Atlantique


« Certaines, au début, ne nous appelaient pas parce qu’elles n’avaient plus de quoi téléphoner ».

Pour les jeunes femmes suivies par la délégation de Loire-Atlantique, les besoins sont définis par téléphone dans cette période de confinement. L’accès à celui-ci est donc déterminant. « Le département a mis en place des tickets service (7 €/jour pendant 15 jours), explique Anne Marie. La délégation a de son côté un système qui permet , au moyen d’un code, d’envoyer aux personnes des recharges téléphoniques d’une valeur de 10 €."

La distribution de tickets-service demande d’infinies précautions. « Il faut être en capacité de le faire et de se rendre aux points de rencontre. 2 personnes sur 8 ont dit oui. Mais nous n’avons pas de masque, aucune protection, il faut donc être très prudent. Nous allons essayer d’en obtenir par la délégation aux droits des femmes. » Distribuer des tickets s’avère compliqué quand certaines personnes ne veulent pas donner leur adresse.

La délégation s’efforce de garder les liens par tous les moyens, et à tous les niveaux. La visioconférence est le moyen désormais utilisé quotidiennement : pour les réunions collectives, pour assurer l’encadrement technique pour la jeune salariée, pour les bénévoles qui sont en contact téléphonique avec les personnes suivies. L’outil fonctionne bien.

Anne-Marie appelle personnellement toutes les bénévoles. « Certaines ont besoin d’être soutenues. Ce n’est pas si simple, le contact téléphonique ; avoir au bout du fil des personnes en pleurs ou qui posent des demandes qui peuvent être ingérables… Il faut baliser ces échanges. Nous les faisons remonter auprès de notre salariée qui, en tant que professionnelle, peut recentrer les demandes et faire le point des suivis. »

La période génère un énorme travail, y compris sur le plan administratif. Et les perspectives sont chargées puisque, parmi la cinquantaine de personnes que suit la délégation, beaucoup, même si elles sont encore dans la prostitution, ont pour objectif d’en sortir.


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