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Premiers bilans de la loi sur le racolage

septembre 2004, par Comité de rédaction

La prostitution s’est adaptée à la répression du racolage en se faisant discrète, repliée dans des bois, cachée dans des studios, dissimulée derrière Internet, ce qui accroît l’isolement des personnes prostituées, estiment les associations.

Cet exode est perceptible dans des lieux inhabituels de prostitution, dit Gérard Besser, président de l’Amicale du Nid. Son association a retrouvé à Amiens (Somme) des Roumaines qu’elle voyait régulièrement à Paris. Le même phénomène a été relevé à Beauvais, Compiègne (Oise), sur des routes varoises...

Des associations ont remarqué des jeunes femmes de l’Est très mobiles se prostituant dans un rayon de 100 kilomètres autour de Dijon. D’autres se servent d’Internet, de petites annonces ou d’affichettes dans des cabines téléphoniques, et « travaillent » dans des hôtels, des studios, des bars, des salons de massage.

Un marché caché

La loi a incontestablement déplacé le phénomène dans des secteurs où police et justice n’ont pas les mêmes moyens de riposte qu’ici, admet un policier parisien. Les enquêtes deviennent plus difficiles, avec une prostitution très mobile.

Pour un commissaire parisien, la loi est en train de casser l’économie du système et a permis de porter des coups phénoménaux au proxénétisme.

Cependant, pour les prostituées, cela accroît la précarité, regrettent les associations. Si la prostitution se cache dorénavant, rien n’indique qu’elle a diminué et les réseaux de proxénétisme ne semblent pas trop souffrir de cette nouvelle donne.

P.-S.

Prostitution et Société, n°146 / juillet - septembre 2004.


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