dernière mise à jour ¬ 07/09/17 | jeudi 7 septembre 2017 | je m'abonne | sommaires

Fille, garçon, construire l’égalité

mai 2008, par Claudine Legardinier

  1. Le sexisme au quotidien
  2. Sexualité : filles, garçons, des planètes qui s’ignorent ?
  3. Les rapports filles/garçons dans le rouge ?
  4. Des pistes pour plus d’égalité

À en croire les plus optimistes (ou les plus indifférents), filles et garçons jouiraient des mêmes libertés et l’égalité serait acquise. En réalité, le sexisme envahit encore notre quotidien. Du sexisme "ordinaire" à la violence sexuelle, la palette est large et travailleurs sociaux, enseignants et associations s’accordent désormais sur un point : il est temps de faire quelque chose.

Le Mouvement du Nid s’y emploie dans le cadre de ses actions de prévention. Car la prostitution, problématique au cœur des relations hommes/femmes, est un produit du sexisme en même temps que l’un de ses plus sûrs outils de promotion. Reflet de rôles sociaux profondément intégrés, de croyances sur le masculin et le féminin, elle ne pourra être combattue qu’à la condition de mener une politique d’éducation à la vie relationnelle et sexuelle à même de faire évoluer les rapports entre les sexes et donc de prévenir les actes et les violences sexistes. Une gageure dans une société qui fait du sexe un objet de consommation et de profits…

Quelques mots clés

Sexisme
Désigne des comportements — institutionnels, individuels, collectifs — qui perpétuent et légitiment la domination des hommes sur les femmes. Il peut arriver que des garçons ne correspondant pas aux normes de la masculinité soient victimes de sexisme de la part d’autres garçons mais aussi de filles pressées de reprendre à leur compte des diktats machistes. Être anti-sexiste, ce n’est pas contester la différence des sexes mais refuser la hiérarchisation des différences.
Sexe et genre
Le sexe se rapporte à la dimension biologique, le genre est le produit des circonstances historiques, sociales et culturelles. On parle aujourd’hui de rapports de genre plutôt que de rapports de sexe pour insister sur le fait que les différences ne sont pas dues à la nature mais à un réseau d’influences multiples qui modèlent filles et garçons en fonction de ce qui est ou non autorisé à leur sexe.
Stéréotypes
Description rigide et simplifiée d’une personne ou d’un groupe social en fonction de préjugés sur son sexe, sa race, son âge, etc…

1. Le sexisme au quotidien

Les stéréotypes de genre sont si profondément ancrés qu’ils envahissent jusqu’au moindre de nos réflexes au quotidien.

Filles et garçons, femmes et hommes occupent des places différentes — mais surtout inégales — tout au long de la vie : au berceau, à l’école, dans la rue, l’emploi, les relations amoureuses, la sexualité, les médias.

Au cœur même d’une société qui prétend brouiller les repères de genre, les attentes restent très marquées selon qu’elle concernent un garçon ou une fille ; de la part des parents mais aussi des enseignants, des médias et de la société dans son ensemble.

Des normes profondément intériorisées dictent les rôles, les attitudes, les conduites des garçons et des filles, des hommes et des femmes
De multiples travaux ont ainsi montré que les parents, bien qu’ils s’en défendent, adoptent une attitude différente selon le sexe de leur enfant : choix des vêtements, des jouets, mais au delà, des comportements et des goûts qu’ils désirent leur voir adopter.
Des expériences ont montré que l’interprétation des pleurs diffère selon que le bébé est supposé être fille ou garçon : peur si c’est une fille, colère et manifestation de volonté si c’est un garçon.
Globalement, les parents encouragent davantage l’autonomie et l’exploration de l’environnement chez les garçons, la conformité et l’obéissance chez les filles. Ces dernières sont souvent poussées à adopter un rôle de seconde, d’auxiliaire alors que leurs homologues masculins sont stimulés afin d’aller vers l’extérieur, d’entrer en compétition, d’occuper l’espace [1].

Dans l’espace public, notamment dans la rue, les filles continuent d’être en butte aux remarques sur leur corps, aux plaisanteries salaces et, parfois, aux gestes d’agression. Toutes jeunes, elles apprennent à limiter le champ de leur regard, voire de leurs déplacements, pour ne pas donner prise à ce risque permanent. Une forme "d’insécurité" dont on ne parle jamais.

En classe, la domination des garçons demeure : prise de parole plus fréquente, chahut, façon de se placer en position de vedette, affirmation, leadership. Idem pour l’occupation spatiale des cours de récré dont les filles apprennent à utiliser les marges. Plus souvent, est encouragée, pour les filles, discipline et souci de l’opinion d’autrui.

Du choix des jouets à celui de l’avenir professionnel, les différences sont flagrantes. Les jouets persistent à enfermer les filles dans la maternité et les tâches ménagères, le culte de la beauté et de la mode, et les garçons dans la compétition, l’aventure, les sciences, la violence physique. Globalement, les filles intériorisent le fait que leur identité féminine passe en grande partie par le rôle d’épouse et de mère et le dévouement à la famille. La chercheuse Marie Duru-Bellat [2] constate ainsi qu’elles revoient à la baisse leurs ambitions professionnelles, par "réalisme", pour les rendre compatibles avec leurs futures tâches domestiques et maternelles. A cette autocensure féminine s’ajoutent des réflexes liés aux stéréotypes diffusés par les familles, les enseignant-e-s et les conseiller-e-s d’orientation.

Ainsi, la meilleure réussite scolaire des filles se traduit rarement par une meilleure réussite sociale ; bien au contraire, dans la mesure où elles optent pour des filières traditionnellement "féminines", beaucoup moins valorisées socialement et économiquement.

À cet égard, les travaux de la politologue Sylvie Pionchon [3] montrent que les filles sont beaucoup moins préparées au combat politique, qui demeure une arène masculine, du fait d’une éducation qui les pousse moins à l’autonomie, à la compétition, et les cantonne davantage dans la dépendance affective au détriment de la confiance en soi.

La liste serait infinie. Il est aussi des influences insidieuses et moins repérables. Ainsi, la rareté des modèles valorisants proposés aux filles dans les livres scolaires, l’absence quasi totale des femmes dans les manuels d’histoire (hormis Jeanne d’Arc et Marie Curie ; et une ou deux reines incapables ou sanguinaires) tracent à leur façon les projets d’avenir. En revanche, abondent les "modèles" de courtisanes et de prostituées dans la littérature. À qui s’identifier est une vraie question pour les filles… Quant aux garçons, ils sont priés de ne pas montrer trop de timidité ou de sensibilité sous peine d’être ravalés au rang des "gonzesses" et rejetés par leurs pairs.

2. Sexualité : Filles, garçons, deux planètes qui s’ignorent ?

C’était l’un des grands constats de notre enquête menée en 2004 sur les clients prostitueurs [4] : la nécessité, et même l’urgence d’interroger les modes de socialisation des filles et des garçons.

Les uns et les autres continuent de se construire, malgré certaines évolutions, en reproduisant des comportements, en adhérant à des représentations qui participent au maintien de relations inégalitaires, voire violentes.

On ne naît pas homme ou femme, on le devient. Être homme, être femme, n’est pas tant le fruit d’une prétendue nature que le produit d’un apprentissage que fait l’enfant, notamment à partir du modèle parental et du contexte culturel (adultes en général, enseignant-e-s, copains, médias). Quel que soit le milieu, un double apprentissage, un conditionnement séculaire des femmes et des hommes ont façonné des comportements différents, notamment dans le domaine de la sexualité.

Malgré une évolution certaine, les représentations et les attentes des jeunes filles et des jeunes garçons demeurent souvent très différenciées en matière sexuelle et affective. En France, par exemple, deux tiers des hommes sont d’accord avec l’idée selon laquelle on peut avoir des rapports sexuels avec quelqu’un sans l’aimer, alors que deux tiers des femmes la désapprouvent.

D’une manière générale (il suffit d’ailleurs de regarder notre paysage médiatique), le désir masculin continue d’imposer sa loi. Pour le sociologue et démographe Michel Bozon [5], désir masculin et désir féminin n’ont toujours pas

le même poids ni la même légitimité dans la vie sexuelle d’un couple (...) les femmes sont plus nombreuses encore que les hommes à voir le désir masculin comme dominant.

Selon lui, la découverte du viagra et l’immense publicité qu’il a occasionnée traduisent bien la domination et le primat persistant du désir des hommes. Nous pourrions ajouter la même remarque à propos de l’attachement social à la prostitution, un attachement largement partagé par les femmes [6].

En interrogeant les clients des personnes prostituées, Saïd Bouamama a mis en relief ces vieux schémas. La plupart des hommes interrogés manifestent, plus qu’une recherche de plaisir, une quête identitaire : la besoin désespéré de faire comme les autres, d’être un homme, d’être normal. Ils reprennent en chœur l’idée de besoins sexuels propres aux hommes, de nature biologique ou physiologique, et la croyance que les femmes ont beaucoup moins de besoins. Ils divisent encore les femmes en deux catégories distinctes, les "mamans" que l’on "respecte" et les "putains" imaginées, fantasmées comme des "bêtes de sexe".

Cette représentation des sexualités féminines et masculines est encore largement partagée par les jeunes que rencontre le Mouvement du Nid. Quel que soit l’âge et le milieu social, règne l’idée que la sexualité serait pour un garçon un stimulus appelant une réponse immédiate. Dépassé par ses pulsions, il se transformerait en violeur éventuel s’il ne trouvait pas de prostituée. La frustration, tolérée au féminin, serait insupportable au masculin.

Une fille a d’ailleurs tendance à penser que, si un garçon est excité sexuellement, elle est obligée d’aller jusqu’au bout. La responsabilité du désir qu’elle inspire lui incombe. Elle se sent coupable s’il est frustré, voire responsable si elle est violée. Dans les agressions sexuelles, la tendance est toujours à l’interrogation sur une faute de la victime (ce qui n’est le cas d’aucun autre type de violence) et les agresseurs se réfugient derrière l’argument du consentement de cette dernière, donc de leur irresponsabilité.

Saïd Bouamama, dans son enquête, a montré comment les socialisations, toujours marquées par la séparation, voire l’opposition des garçons et des filles, restent centrées pour eux sur l’idée de conquête, de virilité, de consommation ; pour elles, sur la mise en scène, l’exposition et la concurrence.

Avec le concours de la pornographie et du groupe de copains, le modèle social de normalité masculine reste fondé sur la performance, l’exploit sexuel et le plaisir masculin plutôt que sur la rencontre, et continue de valoriser un imaginaire qui allie alcool, sexe et violence.

Si le marché du sexe a tout intérêt au maintien de ces structures ancestrales, ce n’est pas le cas du projet politique d’égalité entre les hommes et les femmes. Ajoutons que tous les textes internationaux sur la traite des êtres humains soulignent aujourd’hui la nécessité de décourager la demande des "clients" prostitueurs.

Ainsi, dans le sillage de la Convention de Palerme (2000), la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains, dite "de Varsovie" (2005), appelle dans ce but à des

mesures législatives, administratives, éducatives, sociales, culturelles ou autres ; [par exemple] des mesures visant à faire prendre conscience de la responsabilité et du rôle important des médias et de la société civile pour identifier la demande comme une des causes profondes de la traite des êtres humains [...] des « campagnes d’information ciblées [...] des mesures préventives [telles que] des programmes éducatifs à destination des filles et des garçons

À l’heure où, de son côté, l’ONU commence à prendre en compte la dimension du genre dans l’aide au développement, où le Conseil de Paris par exemple adhère à la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale afin d’intégrer l’exigence d’égalité dans la conduite des affaires publiques, il serait incohérent de continuer à fermer les yeux sur les stéréotypes désuets qui justifient la prostitution.

Les rapports filles/garçons dans le rouge ?

On parle beaucoup d’une dégradation des rapports filles/garçons [7] : violences verbales, — les plus répandues —, violences sexistes (notamment dans les cours de récréation, les toilettes des établissements scolaires ou les vestiaires des salles de sport), violences sexuelles (viols, viols collectifs). Des travailleurs sociaux, des enseignants font état de conduites que l’on peut appeler pré-prostitutionnelles : échange de relations sexuelles contre hébergement ou cigarettes, jeunes filles appâtant des "pigeons" à la sortie des collèges, attouchements ou fellations dans les toilettes ou sur des parkings pour le compte de proxénètes en herbe…

Les alertes viennent également de jeunes femmes ayant connu elles-mêmes la prostitution : Ainsi, Naïma, prostituée deux ans en bar à hôtesse [8], s’alarme aujourd’hui en voyant, en discothèque, des gamines qui partent avec quatre ou cinq types pour des partouzes, qui sont manipulées et obéissent aux exigences de garçons pour rester populaires. C’est la mode, dit-elle, avant d’ajouter : Je vois pas mal de types qui gagnent de l’argent sur le dos des filles.

Si l’on s’empresse en général de stigmatiser en la matière les quartiers sensibles, il ne faut pas oublier que ces faits existent ailleurs, même si c’est de façon apparemment plus feutrée.

Médias : le règne des stéréotypes sexistes

Notre environnement est saturé de messages et de normes culturelles qui dictent les rôles en fonction des sexes : messages publicitaires, clips, télé réalité, "culture" porno, etc… La publicité remporte bien souvent la palme du sexisme ordinaire en recyclant les plus vieux poncifs sur la femme objet de plaisir ou pilier domestique, définitivement vénale, tentatrice, capricieuse ou castratrice.

L’environnement médiatique des ados est particulièrement machiste et normalise l’exhibition sexuelle : langage de certaines radios jeunes, clips, look des chanteuses et des "héroïnes" de télé-réalité, magazines pour jeunes filles misant tout sur l’image et le paraître, le savoir-faire sexuel et la séduction…

L’obsession de la chasse à l’homme est remise au goût du jour, à la différence qu’on ne l’attrape plus avec des petits plats mais avec une fellation savante. Les temps, racoleurs, sont à la régression vers les ficelles les plus éculées de la séduction et de la concurrence féminine ; l’émission télévisée Bachelor, où une pléiade de jeunes filles formatées et en grand décolleté entrait en compétition pour les beaux yeux d’un play-boy assez falot, en fut la caricature.

Parallèlement, la pornographie, banalisée au point de devenir un vecteur d’éducation sexuelle pour beaucoup d’ados, distille un discours profondément réactionnaire sous des dehors modernistes : hommes mus par des besoins sexuels illimités, femmes perpétuellement disponibles, insatiables et dominées par leur sexe, et qui trouvent leur jouissance dans la violence. Ajoutons les jeux vidéo qui aiment surtout les femmes ligotées, bâillonnées, prostituées, agressées, violées ou torturées. Et certains textes de rap qui sont de véritables appels à la violence sexuelle…

L’ensemble forge un bruit de fond social qui, dans un univers limité au sexe, au fric et à la compétition, entretient une vision dégradante des femmes, une nouvelle fois réduites à leur statut de tentatrices et donc de "salopes". Cette image ne peut être sans conséquences sur le sort des femmes réelles et sur les relations entre les sexes.

3. Une urgence : l’éducation à la sexualité

Philippe Brenot, psychiatre et sexologue, tire la sonnette d’alarme :

Certains hommes n’ont pas appris à désirer. Ils ont une immense difficulté à accepter la frustration, une immense difficulté dans la construction de leur désir.


Pour lui, le problème de l’éducation des hommes est fondamental. Il fustige au passage le terrorisme sexuel qu’engendre la société actuelle, notamment le modèle porno : il n’y a pas de norme en matière de sexualité.

De son côté, Benoît Félix, du Centre régional d’information et de prévention du sida (CRIPS), note que, face à des jeunes filles de plus en plus émancipées, les garçons ne se sentent pas à la hauteur et peuvent user de la violence pour exister.

Frustrés socialement, les plus humiliés d’entre eux adoptent des comportements agressifs et violents contre la société et contre l’autre sexe. Ils parlent avec leurs muscles et leur pénis. Se sentir reconnu par le sexe est un peu le plaisir du pauvre, la seule valorisation. Ce sont les garçons qu’il faut cibler si l’on veut protéger les filles.

Saïd Bouamama, dans son enquête sur les clients prostitueurs, a relevé

pour une partie importante des hommes, une méconnaissance, une peur des femmes


entraînant le recours à des images fantasmées, et des difficultés dans la relation en général et la relation à l’autre sexe en particulier.

Frappé, malgré le bruit fait par notre société sur le sexe, par l’absence de parole sur la sexualité dans les familles, les couples et tous les espaces de socialisation, il souligne l’échec de la mixité qui se solde plutôt par la persistance d’un apartheid entre les sexes et insiste sur la nécessité du dialogue et de la connaissance mutuelle.

Côté filles, Françoise Bornot, intervenante en collège, dit son effarement de voir des gamines expertes quand il s’agit de mettre des préservatifs sur des phallus en plastique mais manquer des fondations élémentaires dont elles ont besoin. La première chose, c’est construire une bonne image de soi !

Elle déplore que certaines continuent de subir, de consentir à certaines choses pour faire plaisir à leur copain. Même constat de Benoît Félix qui en voit certaines se prostituer par besoin de se sentir désirées et valorisées ou subir la sodomie à 16 ans. Il discerne un profond manque affectif chez les ados qu’il rencontre et un immense besoin de parole :

Il faut des lieux ressources où les ados puissent parler sans être jugés, où ils soient accueillis, où ils puissent entendre une parole. Plus ils sont informés, moins ils sont fragiles. Si l’éducation sexuelle est faite, le porno ne les intéresse plus.

4. Des pistes pour plus d’égalité

Textes de référence

Où l’on voit que les textes sont irréprochables mais qu’ils restent… des textes. Parallèlement, le discours médiatique promeut quotidiennement le contraire.

- La Convention pour la promotion de l’égalité des chances entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif [9], signée pour la période 2006-2011, propose de :

Développer la thématique de l’égalité entre les sexes dans les divers enseignements ; inciter les professionnels de l’édition à renforcer la place des femmes dans les manuels scolaires, et écarter tout stéréotype sexiste de ces supports pédagogiques ; développer, dès le plus jeune âge, des outils de promotion du respect mutuel entre les sexes.
Mettre en place des actions de sensibilisation aux stéréotypes sexistes véhiculés dans les médias. Prévenir et combattre les violences sexistes.
_ Généraliser les séances d’éducation à la sexualité, en développant, parallèlement à l’information sur la connaissance du corps humain et sur la contraception, notamment d’urgence, la question du respect mutuel entre les sexes et la prévention des violences à caractère sexiste ou sexuel, etc.

- La circulaire du 17 février 2003 sur l’éducation à la sexualité
(complète celles de 1996 et 1998)

préconise 3 séances annuelles d’éducation à la sexualité, par groupe d’âge, à l’école, au collège et au lycée. Invoque la protection des jeunes vis à vis des violences, de l’exploitation sexuelle, de la pornographie et des préjugés sexistes et homophobes.
Objectifs : développer l’esprit critique, notamment par l’analyse des rôles et des modèles sociaux véhiculés par les médias, comprendre l’importance du respect mutuel, etc.
Elle prévoit que tous les personnels, membres de la communauté éducative, participent explicitement ou non à la construction individuelle, sociale et sexuée des enfants et des adolescents. Ils sont invités à réguler les relations interindividuelles et à développer chez les élèves des savoir-être tels que le respect de soi et de l’autre (…) que ce soit dans les salles de classe, les lieux d’accueil ou de récréation, les espaces de circulation, les vestiaires, les restaurants scolaires…

- Des initiatives

  • Les interventions en établissements scolaires : priorité au travail de fond
    Des interventions sont menées, par le biais d’associations ou de partenaires des inspections académiques, dans des établissements scolaires. La plupart des intervenant-e-s, qui se doivent d’être préparés (pas d’improvisation), choisissent de séparer, au moins dans un premier temps, filles et garçons, que la pudeur empêche de parler sous le regard de l’autre sexe.
    Un second temps peut permettre la discussion en commun. Mais l’essentiel, de l’avis de tous, est, au-delà des opérations ponctuelles, le suivi dans l’établissement tout au long de l’année : la motivation du personnel enseignant et d’encadrement, l’intégration de cette préoccupation dans le projet éducatif.
  • L’engagement du Mouvement du Nid Par l’intermédiaire de ses délégations en région, il propose des cycles de formation et des journées d’information, notamment à l’attention des travailleurs sociaux (éducateurs spécialisés, assistantes sociales, personnels de santé, de police, de justice, etc…). Parmi les sujets traités (risque prostitutionnel chez les jeunes, hommes clients, etc…), l’accent est mis sur les relations hommes/ femmes.
  • Le théâtre-forum Le Planning Familial du 93 l’utilise notamment : une scène sexiste de la vie quotidienne est jouée puis filles et garçons du public peuvent intervenir pour changer les situations.

- Des outils

  • Les P’tits Égaux (maternelle, primaire)
  • Violence dans les relations amoureuses des jeunes : Viraj et Passaj Programmes québecois Viraj (14/15 ans) et Passaj (16/17 ans)
  • Pistes de vie (tout au long de la scolarité) Mallette pédagogique de la fédération Couples et Familles
  • Cet autre que moi (collégiens) Pour l’auteur, Bernard Bétrémieux, la fiction, avec ses personnages, amène une distance qui permet aux jeunes de parler plus facilement.
  • Education à la sexualité, guide d’intervention (collèges et lycées) Un guide du formateur et des fiches d’activité sur puberté, stéréotypes, prostitution…
  • Filles et garçons, osons en parler Plaquettes d’information (CPAM, Planning Familial du 93)
  • Pour toi Sandra, de Derib BD de prévention de la prostitution, Mouvement du Nid. et Dérapages (à paraître, 2009), du même auteur BD destinée à ouvrir le dialogue avec les garçons sur le rapport aux filles, la prostitution, etc…
  • Calins-Malins Jeu pour les 13/20 ans Et autres outils sur http://www.lecrips.net/cliclycee
  • Le Planning Familial propose une gamme d’outils :

- Guide pour agir, violences et rapports sociaux de sexe

Fiches pédagogiques destinées à préparer des séances auprès des adultes comme des jeunes.

- Kit « les 13-16 », éducation à la santé et à la vie (mise à jour 2007)

Exposition de 16 panneaux qui intègre le sexisme.

  • L’Observatoire départemental des violences faites aux femmes du 93 publie un Recueil d’outils pour la prévention des comportements sexistes dans les relations filles-garçons. Tél:01 43 93 41 95

- Des sites ressources

  • Aimer sans violence
    Site de prévention du ministère de la Santé québécois à destination des jeunes de 11 à 17 ans pour comprendre le poids des stéréotypes, des idées reçues.
  • Agir contre la violence et le sexisme et développer l’estime de soi.
    Site de ressources québecois ; propose des informations et des outils pour animer des séances.
  • Mix-Cite
    Mix-Cité, mouvement mixte pour l’égalité des sexes, a mis en ligne une rubrique anti-sexiste à l’intention des enseignant-e-s.
  • Mouvement du Nid
    L’Espace Jeunes du Mouvement du Nid s’adresse directement aux ados sur le thème de la prostitution.
    Conçu par la délégation des Hauts-de-Seine du Mouvement du Nid, le guide « Filles-garçons, construire l’égalité » vient de paraître en édition nationale. On peut se le procurer auprès du secrétariat national du Mouvement du Nid. Tél. : 01 42 70 92 40 (8 € port compris)
  • Passe-passe
    Le site de la Fondation Scelles pour la sensibilisation des jeunes aux risques de prostitution.

P.-S.

Publié dans Prostitution et Société, Numéro 158 / juillet - septembre 2007.

Notes

[1Sciences Humaines, numéro 185, août-septembre 2007.

[2L’École des parents, février 2001. Marie Duru-Bellat, spécialiste en sciences de l’éducation, est également l’auteure de L’École des filles, L’Harmattan, 1990, et Sociologie de l’école, Armand Colin,1999.

[3Les femmes et la politique, Presses Universitaires de Grenoble, 2004.

[5Masculin-féminin : questions pour les sciences de l’homme, Paris, PUF, 2001. Lire aussi Violences sexuelles en France.

[7Le thème de ce dossier nous amène à ne pas évoquer les rapports satisfaisant entre les sexes. Évidemment, ils existent aussi !

[9À télécharger sur cette page.


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