dernière mise à jour ¬ 17/11/17 | vendredi 17 novembre 2017 | je m'abonne | sommaires

Catherine Monnot

Petites filles d’aujourd’hui, l’apprentissage de la féminité

Autrement, 2009

septembre 2009, par Fabienne Rigal

Elles écoutent Lorie, Jennifer, Britney Spears ; jouent à Secret Girls ou aux poupées Bratz ; font de l’équitation ou de la danse classique. "Elles", ce sont les préadolescentes, ces enfants de 9 à 11 ans, plus des "bébés", pas encore des "grandes". Catherine Monnot en a observées et interrogées dans la cour de récréation d’une école du sud de la France et dans leur environnement domestique.

Elle a analysé les standards qui leur sont proposés/imposés par l’industrie télévisuelle et musicale, par la presse pour enfants, par les jeux. Et a montré comment est définie, très tôt, la place qu’elles peuvent ou doivent prendre face à leurs parents, aux garçons, à l’école.

Les chanteuses pop constituent ainsi des modèles ambivalents. Chacune d’elles revendiquera la liberté d’être soi-même et de se moquer des normes, en particulier esthétiques, mais elles sont presque toutes jolies, minces, bien habillées.
Elles clament la liberté face aux garçons, mais sont le plus souvent montrées comme un objet érotique.

Les jeux, les magazines pour filles les renvoient généralement à la sédentarité, à des activités d’entraide et non de compétition, au désir de plaire - par son corps plus que par sa réussite scolaire , à l’amour et au couple (hétérosexuel, stable) comme seul mode d’épanouissement, à la maternité comme but ultime.

Les parents participent à ce type de féminisation en limitant les sorties des filles, ou en choisissant pour elles des sports qui mettent en valeur la maîtrise du corps, la grâce, la retenue, plutôt que la compétition, ou la prise de risque.

L’auteur révèle ainsi comment la préadolescence apparaît comme le temps d’une forte imprégnation des codes traditionnels de la féminité, au travers d’une transmission verticale (les adultes en général), mais aussi horizontale : le groupe. Et elle s’interroge, face à ces représentations collectives très normatives, sur la possibilité d’un "autre féminin".


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