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La Suède pourrait miser sur davantage de prévention pour dissuader les « clients » de récidiver

février 2014, par Elise Guiraud

Alors que Fredrik Reinfeldt, Premier ministre suédois, estimait en décembre 2013 que des peines de prison devaient être prononcées à l’encontre des prostitueurs, un rapport remis au gouvernement le 13 février 2014 prône le renforcement de la prévention. Sensibiliser ou punir, tout le monde est d’accord sur le diagnostic : la pression sur les "clients" doit s’accroître.

Le rapport, intitulé « Les hommes et l’égalité entre les sexes » et portant donc sur un sujet plus large que la question du système prostitutionnel - laquelle occupe un chapitre entier du travail - est l’œuvre de plusieurs experts, des universitaires, un journaliste, un syndicaliste et un entrepreneur. Les auteurs prennent fermement position en faveur du développement de la politique néo-abolitionniste actuelle [1], recommandant que le travail contre la prostitution [se concentre] encore plus sur le rôle des hommes.

Les rapporteurs déplorent le manque de connaissances portant sur ces hommes acheteurs d’actes sexuels. une lacune préoccupante : en effet, les études existantes, qui portent sur des hommes « clients » ayant sollicité une aide pour modifier leur comportement, enregistrent pour une majorité d’entre eux des problèmes de sexualité destructrice ou compulsive.

Ces constats incitent les auteurs à recommander le développement de mesures d’accompagnement et de sensibilisation en plus de la pénalisation existante, afin de prévenir la récidive et d’accélérer le changement des mentalités face à la prostitution. « Les hommes et l’égalité entre les sexes » fait ainsi la part belle à des dispositifs originaux mis en œuvre dans plusieurs villes : il y a aujourd’hui des initiatives à Göteborg, Stockholm et Malmö qui s’adressent aux hommes qui achètent des services sexuels, (des initiatives) qui agissent pour les aider à changer de comportement.

P.-S.

Source : dépêche de l’Agence France-Presse du 13 février 2014.

Notes

[1Le modèle néo-abolitionniste prône la pénalisation des proxénètes et des « clients » prostitueurs, tandis que les personnes prostituées, considérées comme des victimes, doivent logiquement être décriminalisées. Si la Suède pénalise les « clients » depuis 1999, prononçant des milliers de condamnations débouchant sur des amendes. Aucun emprisonnement n’a été constaté, bien que la loi envisage une peine de prison pouvant aller jusqu’à deux ans lorsque la victime est mineure.


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