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MSN, MySpace, FaceBook... de nouveaux lieux parfois mal fréquentés.

Les réseaux sociaux en ligne de mire

septembre 2008, par Florence Hodan

Les spécialistes mettent à nouveau en garde contre les risques encourus par les plus jeunes sur Internet, en particulier dans les réseaux sociaux.

Aux États-Unis, MySpace, dont 71 utilisateurs ont été interpellés pour agression sexuelle, vient ainsi de signer un accord avec 49 États. Parmi les mesures annoncées on trouve, entre autres, l’engagement à traiter plus rapidement et efficacement les plaintes relatives à des contenus inappropriés, avec rapports trimestriels aux autorités compétentes et renforcement des moyens humains et financiers.

De plus, les données concernant les enfants de moins de 16 ans resteront strictement privées et ils pourront bloquer les communications avec des personnes plus âgées.

Depuis eux ans déjà MySpace a mis en place des centaines de nouvelles techniques de sécurité, mais toutes trouvent leur limite dans l’impossibilité de vérifier l’âge réel des inscrits. Un groupe de travail réunissant les professionnels d’Internet concernés va donc être créé pour répondre à cet enjeu technologique majeur pour mieux protéger les enfants.

Quant au sort des utilisateurs, la clémence reste de mise semble-t-il, pour ce qui concerne la France. Ainsi, l’homme de 52 ans jugé par le tribunal correctionnel de Meaux, et qui encourait cinq ans de prison, a obtenu trois ans avec sursis, malgré l’importance des chefs d’accusation : "corruption de mineurs par réseau de communication", "détention de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique" et "recours à la prostitution de mineurs par réseau de communication".

La solitude, le manque de temps pour "faire des rencontres" ont été avancés par cet homme pour expliquer les faits. Inversant les responsabilités, il explique : « les gens que j’ ai rencontrés m’ont dit que j’étais vieux, et m’ont fait comprendre que si je faisais un geste, cela faciliterait les choses ».

Quatre mineurs ont été identifiés et l’inculpé a été jugé pour avoir "obtenu" des relations sexuelles contre rémunération avec des mineurs de 17 ans par le biais d’Internet.

De source AFP, on a également retrouvé chez ce militaire de carrière non moins de 80 000 fichiers informatiques pornographiques dont 20% qui mettaient en scène des enfants de moins de 16 ans dans des postures sexuelles, scatologiques ou de torture et 60% mettant en scène des adolescents de 16 à 18 ans.

Pourquoi le parquet a-t-il requis une peine de 36 mois dont 30 avec sursis « mais sans exécution de la partie ferme » ? La loi française condamne pourtant la "simple" sollicitation de mineur-e-s prostitué-e-s et la possession de pornographie mettant en scène des enfants.

Qu’en est-il du caractère dissuasif de la loi quand les très rares peines prononcées le sont, systématiquement ou presque, avec sursis ? Bien qu’elle ne soit pas la meilleure solution en termes de traitement des agresseurs sexuels - c’est le rôle de l’obligation de soins (également prononcée dans cette affaire) - l’incarcération n’est-elle
pas censée être la sanction ultime quand la loi a été transgressée ?

Les faits ne sont-ils pas assez graves ? Lorsque, en l’an 2000, un homme a été jugé en cour d’assises pour avoir payé une fellation à une fillette en Thailande, c’est à sept ans de prison qu’il a été condamné. Ici il s’agit de mineurs de 17 ans et l’affaire a été jugée au tribunal correctionnel (qui juge les délits). Pourtant, n’y a-t-il pas dans les deux cas prostitution de mineurs ?

P.-S.

Publié dans Prostitution et Société numéro 159.


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